C'est (un peu) compliqué d'être l'origine du monde

Revue de presse

Le nom de notre compagnie de théâtre, c'est "Les Filles de Simone", alors la semaine dernière, on a reçu des messages de condoléances... C'était un peu saugrenu mais finalement ça nous a émues. Parce que oui, on l'a choisi, de s'appeler "Les Filles de Simone". Alors, évidemment, on nous demande souvent: "Mais de quelle Simone il s'agit?" Et nous on répond: "Bah y en a plusieurs, des grandes Simone, des Simone tutélaires." De Beauvoir, bien-sûr. Parce qu'on revendique une filiation avec l'Histoire des femmes et le féminisme, on revendique cet héritage, on s'en sent redevable et parfois il nous pèse. (Donc c'est bien là de relation mère-fille qu'il s'agit...) Et en plus c'est rigolo parce que l'une d'entre nous, Chloé, est vraiment la fille de Simone, puisque c'est le prénom de sa mère... À toutes ces femmes culottées -pour ne pas dire couillues- ces femmes ovairues, lochues clitues, la matrie reconnaissante! Et oui, en effet, on est aussi les filles de cette Simone qui s'est tenue debout devant une assemblée d'hommes misogynes (heureusement ça n'existe plus du tout ça, des hommes misogynes dans nos assemblées, oh la la heureusement, ce serait horrible si un député par exemple caquetait comme une poule quand une femme députée prend la parole dans l'hémicycle par exemple); on est les filles de cette Simone qui nous a quittés la semaine dernière donc, qui a tenu bon pour conquérir la fameuse Loi qui a changé des affaires de bonnes femmes -souvent fatales- en chose publique. Elle a permis que l'IVG soit dépénalisée. Et nous la remercions. Du fond du cœur et de nos corps libérés. C'était pas rien en effet, mais c'était pas tout non plus. Donc nous voulons ici également remercier toutes les Simone de l'ombre, qui se sont battues avant la loi de 1975, qui ont bravé les lois et les esprits phallocrates en risquant la prison. Parce que oui, nous sommes aussi les Filles d'une autre Simone, membre du MLAC et première présidente du mouvement français pour le Planning familial. Nous sommes aussi les filles de Gisèle (1), et des 343 (2), et des 331 (3). Nous sommes aussi les filles de "Choisir" (4), de l'ANEA (5), du MLF (6), les filles d'Antoinette (7), de Monique (8) et de Josiane (9), de Christine (10), du Torchon qui n'en finit pas de brûler (11), Nous sommes les Filles de celles qui criaient "C'est mon corps il m'appartient!", "Un enfant si je veux quand je veux!", "Mon corps, mon choix!", les filles de celles qui chantaient de Bobigny à Aix-en-Provence: (sur l'air de "Dans sa maison un grand cerf") "Un jour on a décidé qu'il fallait s'organiser, des enfants on en aurait quand on en voudrait femme femme, soutiens-moi ou le juge m'enfermera femmes femmes nous sommes là et ça changera!" Elles ont fait de nous des enfants désirées et des femmes désirantes. Nous sommes aussi les filles de Maya (12), fondatrice en 1990 de la CADAC (13), qui nous a quittées en avril 2016. À toutes ces femmes culottées -pour ne pas dire couillues- ces femmes ovairues, lochues clitues, la matrie reconnaissante! Elles ont fait de nous des enfants désirées et des femmes désirantes. Mais y a encore du boulot, et encore et toujours LE PRIVÉ EST POLITIQUE. Alors MERCI aussi à toutes celles qui se battent encore aujourd'hui sur le terrain avec des bouts de ficelles et des coupes budgétaires, avec la suppression du Pass contraception ou le mépris de certains hommes politiques qui estiment que ce n'est pas leur affaire (pourtant jusqu'à preuve du contraire, nous ne sommes pas auto-fécondantes donc c'est bien l'affaire de toutes les parties en présence)... Et surtout, comme l'a dit une de nos Simone: "N'oubliez jamais qu'il suffira d'une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question. Ces droits ne sont jamais acquis. Vous devrez rester vigilantes votre vie durant." Donc on veille, Simone, on ne lâche rien et on va essayer d'être les dignes filles de nos mères courage. "Les Filles de Simone" jouent à Avignon Off, du 7 au 30 juillet, à 15h45 au Théâtre des Lucioles, "C'est (un peu) compliqué d'être l'origine du monde". En savoir plus sur le site internet des "Filles de Simone". (1) Halimi (2) Salopes... Manifeste des 343 femmes qui ont déclaré avoir avorté, publié en 1971 dans Le Nouvel Observateur (3) Médecins qui ont revendiqué avoir pratiqué des avortements, manifeste-pétition publié en 1973 dans Le Nouvel Observateur (4) Choisir la cause des femmes (mouvement de lutte pour la dépénalisation de l'avortement fondé en 1971 par Gisèle Halimi et Simone de Beauvoir) (5) Association Nationale pour l'Etude de l'Avortement (6) Mouvement de Libération des Femmes (7) Fouque (8) Wittig (9) Chanel (10) Delphy (11) Le Torchon brûle, journal "menstruel" édité par le Mouvement de Libération des Femmes entre mai 1971 et juin 1973 (12) Surduts (13) Coordination des Associations pour le Droit à l'Avortement et la Contraception Voir l'article
Les Filles de Simone sont les invitées de Marie Richeux pour parler du corps des Femmes, dans Les Nouvelles Vagues. Voir l'article
Reportage vidéo de TVFil Yvelines sur le Prix Coup de Coeur de la Presse Avignon Off2016 Voir l'article
Autour du the?me de la maternite?, le collectif Les Filles de Simone a cre?e? un spectacle a? la fois dro?le et intelligent: C'est (un peu) complique? d'e?tre l'origine du monde. La maternité est un bon sujet de comédie Entre le bonheur exalte? des discours sociaux ou publicitaires et une re?alite? souvent plus aride - des nause?es de la grossesse aux premiers mois d'un enfant braillard, en passant par les affres de l'accouchement -, le contraste offre naturellement matière a rire. (...) les Filles de Simone ont re?ussi a inventer sur ce the?me une forme très originale et aboutie Entre re?alite? et fiction(...) Fichier PDF
La maternité, il vaut mieux en rire Une pièce féministe dénonce avec humour les affres de la grossesse, de l'épisiotomie abusive aux extravagances des méthodes d'accouchement dites «naturelles». Fichier PDF
Paris rigole avec Les Filles de Simone au théâtre du Rond-Point Les deux actrices sont fantastiquement drôles. Ces filles de Simone jouent formidablement bien. Courez-y. Voir l'article
Quel duo ! Un festival hilarant… et déculpabilisant
« De jeunes artistes qui sont aussi de jeunes mamans et qui, comme des clowns inspirés, racontent. Sans détours, sans atours. Sans peur de la crudité de la réalité. (...) Elles sont merveilleuses. Drôles, audacieuses, insolentes, joyeuses, intelligentes. (...) Le théâtre va bien ? Oui. Fichier PDF
la création des Filles de Simone est une merveille. Perdues dans ce tumulte de questions et de doutes, les mères d’aujourd’hui convoquent Beauvoir, Edwige Antier, Yvonne Knibiehler, Badinter, mais aucune solution ne se fait jour, tout est à réinventer. (...) les mères s’y reconnaîtront, bien sûr, les presque-mères, les pas-mères-par-choix, les pères aussi, bien entendu. On rit aux larmes (...), et l’on passe du rire aux larmes, aussi. Fichier PDF
Une proposition réussie, ni vengeresse ni donneuse de leçons, car bourrée d'autodérision.