Duos Habet et bene pendentes

Présentation

Les Filles de Simone poursuivent leur réflexion autour de l'égalité femmes/hommes, mais cette fois en sondant l'autre côté de la question : les hommes.

Duos Habet et bene pendentes*

(*Il en a deux et bien pendantes, phrase prononcée par celui avait pour mission, lors de l’élection d'un nouveau Pape, de lui tâter l'entrejambe, pour vérifier qu’il s’agissait bien d’un homme et que la mésaventure de la Papesse Jeanne ne se reproduirait pas)

 

 

Simone de Beauvoir écrit Le deuxième sexe en 1949, elle ouvre ainsi la voie d'une réflexion sur la condition féminine. Soixante ans qu'on réfléchit, écrit, déconstruit, discute ce que c'est qu'être une femme, le devenir. Soixante ans qui affûtent l'esprit et donnent des armes pour repérer les pièges – mouvants -, les injonctions, les cases liées à la féminité. Mais on ne naît pas homme non plus...

Alors, quand est-ce qu'il va sauter, le couvercle de la cocotte-minute de l'ancestrale virilité ? On sent que ça bouillonne là-dessous, et il nous paraît aussi urgent que tentant de faire exploser les tabous qui calibrent la façon d'être un homme et que les hommes les racontent, leurs arrangements avec la norme. Et on a très envie d'aider le mouvement… Mais réfléchir à la construction de la virilité toxique, s'emparer des questionnements autour des masculinités sans pour autant parler à la place des hommes, ni faire fi de notre point de vue de femmes et de notre rapport à ces réflexions, constitue pour nous un défi inédit. 

 

« Les femmes ne savent rien de ce que ressentent les hommes quant à l'encombrement de leur sexe. »

Journal d'un corps, Daniel Pennac, Editions Gallimard

 

Notre démarche rejoindra celle de nos précédents spectacle en ce qu'elle fera appel aux mêmes types de matériaux, à savoir la « littérature » sur la virilité et sa construction, ses injonctions (essais historiques, sociologiques, BD, romans...) ainsi que le recueil d’une parole intime masculine. Notre envie, à nouveau, est de déceler ce qui est « exemplaire » - pour reprendre le terme d'Annie Ernaux – dans l'expérience de chacun.  

Mais nous ne pouvons en effet aborder ces questions de la même manière que celles liées aux spectacles précédents, en prise directe avec notre vécu intime, qui était une matière même des spectacles. Là, il s'agira d'utiliser le vécu personnel d'hommes, donc avant tout, de parvenir à faire émerger cette parole intime. Il s'agira de trouver l'endroit juste par rapport à eux dans le travail collectif. Il s'agira d'appréhender la matière théorique issue des recherches en faisant sans cesse des pas de côté pour ne pas confisquer le regard, pour ne pas plaquer nos jugements... Nous souhaiterions donc rencontrer des hommes, des quidams, des acteurs amateurs, des acteurs professionnels qui sont travaillés par ces questions, et les amener à entrer dans ces « modes-là » justement, ceux de l'aveu, du partage d'expériences intimes, de la circulation libre et bienveillante de la parole en groupe, pour réfléchir collectivement à la construction sociale qu'est le fait d'être un homme aujourd'hui. Et faire œuvre de ce que dessineront ces paroles, transformer le réel en matière à jouer et à s'émanciper. 

La question de notre position à nous est à la fois déterminante et signifiante. Le point de départ réel de ce spectacle est donc sans doute nos préjugés à nous – Les Filles de Simone, nos croyances, nos questions sur les hommes. Et nous utiliserons précisément dans le travail leur façon de « se déplacer » par rapport à nos questions et nos a priori, et de s’approprier le sujet.

Photos

Calendrier

Générique

Un projet Les Filles de Simone - Claire Fretel, Tiphaine Gentilleau, Chloé Olivères Création collective // Avec Tiphaine Gentilleau, Chloé Olivères et un comédien en cours de distribution // Direction d’acteur.ices : Claire Fretel // Création lumières : Mathieu Courtaillier // Scénographie, costumes : Sarah Dupont